La pauvreté, valeur en hausse
Il y a un secteur qui est en plein boum en ce moment, vraiment qui marche du feu de Dieu, c'est celui de l'aide aux pauvres. Là, oui, y'a du boulot ! Le patron
du Secours Populaire, Julien Lauprêtre, parle carrément d'un "raz de marée de pauvreté" provoqué par la crise économique. Désormais dit-il, parmi ceux qui appellent à l'aide, il y a aussi des
étudiants qui ne font qu'un repas par jour ou des petits patrons étranglés par les banques.
Si je vous en parle ce matin, c'est parce que les Banques alimentaires se préparent à faire face à une très forte augmentation des demandes d'aide. Déjà l'an
dernier, de juin 2008 à juin 2009, la population secourue avait augmenté de 16%. Tout indique que ça va continuer. Ce qui est dingue, c'est que près de 30% des personnes qui appellent à l'aide
ont un revenu… mais n'arrive pas à vivre avec ! Au total, par le biais de toutes les associations, près de trois millions de personnes ont recours à l'aide alimentaire.
- Les Banques alimentaires qui "fêtent", entre guillemets, leur 25è anniversaire cette année…
Oui, pas de quoi le célébrer en grande pompe, cet anniversaire, c'est plutôt un échec de la société toute entière, d'en être encore là, à devoir trouver de la
nourriture… En 1984, quand la Banque alimentaire a été crée, on parlait alors de "nouveaux pauvres". Désormais il n'y a même plus de mots pour désigner ceux qui ont faim ou qui sont en grande
précarité - alors que plus de 13% de la population française vit avec mois de 910 euros par mois, considéré comme le seuil de pauvreté.
- Quel est la différence entre les Banques alimentaires et les Restos du cœur, par exemple ? Comment ça marche ?
Les premières Banques alimentaires se sont constituées aux Etats-Unis à la fin des années 60. Elles collectent, pendant toute l'année, des denrées qu'elles
mettent ensuite gratuitement à la disposition des associations humanitaires. Les Banques alimentaires ne proposent donc pas des repas tout faits, mais se concentrent sur la logistique (camions,
frigos…) et sur la collecte des vivres. En France il y a 79 banques alimentaires dans les différentes régions, aujourd'hui c'est leur journée "portes ouvertes", vous pouvez allez voir comment ça
marche…
- Et on peut proposer ses services…
Oui Patricia, vous pouvez déjà vous inscrire comme bénévole, pendant deux heures, pour les deux journées de collecte à la sortie des magasins, c'est le 27 et le
28 novembre prochain - quand on nous demande d'acheter des conserves, de l'huile ou du chocolat… Ces produits, achetés par les particuliers, complètent les stocks qui proviennent des dons des
industriels de l'agro-alimentaire, de la grande distribution, des surplus de l'Union Européenne et des aides de l'Etat. Les volumes ont été multipliés par deux en dix ans.
- Bon, je ne voudrais pas vous laisser sur ces nouvelles un peu déprimantes. Aujourd'hui, il y a un autre évènement dans l'actualité, c'est la réouverture de La
Mamounia, oui le palace de Marrakech ! Depuis trois ans les riches n'avaient plus leur hôtel mythique, il a été entièrement refait, et la rénovation a coûté la bagatelle de 120 millions d'euros.
Ok, c'est cher, mais c'est magnifique : allez, il faut bien faire rêver les pauvres, du Maroc ou d'ici. Premier prix pour une chambre : 600 euros la nuit. Une suite coûte 1000 euros – un peu
mieux que le seuil de pauvreté. Si vous souhaitez un petit palais, ce sera… 8000 euros la nuit. Indécent, non ?
Comme disait Ban Ki-moon, ce week-end à l'ONU, "il y a dans le monde plus de nourriture que nécessaire, et pourtant plus d'un milliard de gens ont
faim".
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