Dimanche 18 octobre 2009
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Le peuple et les élites.
On fait semblant de découvrir la puissance des puissants et l'impuissance des pauvres et des moins pauvres aussi.
Quand le pouvoir se durcit, ils sont rares ceux qui osent l'affronter et cette attitude ne date pas d'aujourd'hui:
« Combien terribles sont les menaces des princes, même quand ils les font en plaisantant…Aux cris de l’aigle, le peuple tremble, le sénat cède, la noblesse se dérobe, les juges tombent
d’accord, le clergé est muet, les lois et les constitutions capitulent ; ni le droit, ni la religion, ni la justice, ni l’humanité ne prévalent… »
Erasme. Autre humaniste bien connu. 16È siècle déjà.
Ce qui donne une bien piètre idée de notre capacité à résister à la tyrannie et à l'oppression. « Le peuple tremble », c'est qu'il possède peu de biens et qu'il y tient d'autant
plus.Il a des excuses. La lâcheté est naturelle, le courage exceptionnel. Celle-là se répand dans tous les corps de la société; celui-ci n'appartient qu'à quelques uns.Le « sénat » et
les politiciens courbent la tête: ils obéissent au prince les uns avec empressement et bassesse; d'autres ne connaissent pas de limites dans la flagornerie.Ils capitulent et collaborent pour
sauver leurs statuts, leurs biens, leurs ambitions. Ce mal, la soumision, se répand dans toutes les strates institutionnelles, dans toutes les couches de la population.
« Il n'existe même plus « d'humanité ».
Alors serait-il possible de faire changer d'état d'esprit et de comportement nos élites? Voici la m éthode que proposait Ludovic Vives du temps de François Premier:
« Je voudrais que pendant quelque temps les princes vivent comme de simples mortels afin qu’ils se rendent compte des besoins de leurs sujets, et en souffrant eux-mêmes apprennent à avoir
pitié de ceux qui souffrent. Mais étant élevés comme ils le sont parmi la richesse et les splendeurs, ils ont peu de compassion pour le malheur des autres. »
Ludovic Vives. Humaniste espagnol du 16è siècle.
« ils ont peu de compassion pour le malheur des autres. » et ils n'en auraient pas davantage si par extraordinaire le prince devenait SDF, chômeur, ouvrier, petit employé, petit
retraité, petit paysan ne serait-ce que quelques jours. Et quand bien même ils découvriraient une autre réalité que celle des salles de conseils d'administration, des palaces, des ors de la
république, des courbettes et des flatteries, il faudrait peu de temps après être revenus dans leur leurs anciens états pour qu'ils oublient...
ça se passait comme ça autrefois, ça se passe ainsi de nos jours et ça se passera comme çà demain, dans dix ans, dans dix siècles...